Actualité de la rénovation à gauche

08 janvier 2008

Contre Nicolas Sarkozy, le PS s'essaie à la riposte coordonnée

PARIS (Reuters) - Accusés d'être inaudibles depuis la défaite de Ségolène Royal à l'élection présidentielle, les socialistes ont tenté mardi une riposte coordonnée face à la première conférence de presse de Nicolas Sarkozy de l'année. Tous courants confondus, les élus du Parti socialiste ont diffusé une quinzaine de communiqués, certains avant même que le chef de l'Etat ait fini de parler à l'Elysée, puis sont intervenus à chaud et tout aussi nombreux dans les médias.

De François Hollande à Aurélie Filippetti, nouvellement élue à l'Assemblée nationale, en passant par le député européen Benoît Hamon, tous ont décliné le même message: le président de la République a parlé pour rien.

"Quand un responsable public n'a pas de chiffres à présenter, il produit des mots", a ainsi estimé le premier secrétaire du PS, François Hollande, pour qui Nicolas Sarkozy a "évité de répondre aux questions essentielles" sur les salaires, l'emploi ou le pouvoir d'achat.

Le député de Corrèze a une nouvelle fois prédit un "plan de rigueur" aux Français, que la majorité garderait caché jusqu'aux municipales de mars.

"C'est du show", a lancé l'ex-Premier ministre Laurent Fabius sur France 2.

"Qu'on assouplisse les 35 heures, très bien, mais en finir avec les 35 heures, cela veut dire qu'il n'y aura plus de durée légale du travail, donc plus d'heures supplémentaires, donc que les gens vont gagner moins", a-t-il dit.

"Alors, il invente ce thème qu'il sert à toutes les sauces, la politique de civilisation", a-t-il ajouté.

Pour Julien Dray, porte-parole du PS, le chef de l'Etat s'est livré à "un constat d'impuissance" - un "long discours creux" selon les mots de Razzy Hammadi, récemment promu "secrétaire national chargé de la riposte" et auteur de trois communiqués en trois heures.

"Un moulin à paroles" sans aucune mesure concrète, a résumé Arnaud Montebourg sur France Info.

Comme elle en a pris l'habitude depuis cet automne, Ségolène Royal a choisi quant à elle de convoquer la presse dans ses bureaux parisiens pour réagir, acceptant pour une fois de répondre aux questions après une brève déclaration.

Raillant un président devenu le "propre commentateur de son inaction", brandissant le programme de son adversaire dûment surligné, l'ancienne candidate présidentielle l'a sommé de "passer du discours aux actes", notamment sur la revalorisation du minimum vieillesse et des petites retraites.

TOUCHE PAS AUX 35 HEURES

Au risque de friser l'overdose médiatique - et à l'exception des proches de Ségolène Royal - cette réponse avait fait l'objet de plusieurs réunions de coordination. La stratégie avait été brièvement et sans succès expérimentée pendant la campagne présidentielle où une équipe de "voltigeurs" était chargée de relayer les propositions de la candidate.

Lundi, quelques dirigeants se sont retrouvés autour du premier secrétaire pour "donner le la" de la riposte, des "messages" sont ensuite partis vers les attachés parlementaires et les entourages des "éléphants".

A l'heure où les velléités se multiplient pour prendre la tête du PS, l'initiative a le mérite de recentrer le débat sur François Hollande, qui quittera son poste lors du prochain congrès.

"L'idée ce n'était pas de contraindre quiconque mais de lancer la machine. Libre à tout le monde ensuite de se raccrocher. Et on voit que ça marche quand il y a la volonté de quelques uns d'accepter d'être un peu derrière", se félicite un secrétaire national.

Une grande partie des attaques socialistes s'est concentrée sur les propos présidentiels contre les 35 heures, mesure emblématique de la "gauche plurielle". Pour le PS, il s'agit d'une "régression sans précédent depuis un siècle".

"Après avoir défendu la valeur travail, Nicolas Sarkozy s'en prend aux travailleurs et à leurs droits", souligne un communiqué commun.

Alors que des négociations sont en cours avec les syndicats, "c'est faire preuve d'un cynisme absolu que d'afficher la volonté de revenir de manière délibérée et unilatérale sur la durée légale du travail", a dénoncé de son côté le président du groupe PS au Sénat, Jean-Pierre Bel, dans un communiqué.

Pour Ségolène Royal, qui avait pourtant émis des réserves sur les 35 heures pendant la campagne présidentielle, "cela préfigure la fin de la durée légale du travail et met par terre une des principales propositions" de Nicolas Sarkozy, à savoir la défiscalisation des heures supplémentaires.

Si on ne mesure plus le temps de travail, on ne peut plus payer plus les heures sup', "il va falloir qu'il revoit sa copie sur ce sujet-là", a-t-elle déclaré.

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lettre à un ami perdu dans Disneyland

Dans une lettre au ministre des Affaires étrangères, Arnaud Montebourg juge notamment que "la rupture de Nicolas Sarkozy dans laquelle [Bernard Kouchner] a voulu jouer [le] laissera sur le carreau, en loques et seul au monde". Pour le député PS de Saône et Loire, Bernard Kouchner doit démissionner au plus vite du gouvernement. S’il veut sauver ce qui reste de son image et rester fidèle à ce qu’il a été.

Voici le texte intégral de la lettre prublié dans le Nouvel Observateur daté du 3 janvier :

Lettre à un ami perdu dans Disneyland

Mon cher Bernard,

Pour moi, tu es d’abord un ami, un homme de haute estime qui, dans tes actes, a contribué à changer la face de ce triste monde.

Pour nous tous, tu as inventé la théorie du droit d’ingérence d’abord médical et humanitaire, puis politique et judiciaire, cette ingérence qui fait céder la dictature devant l’impératif humain.

Tu n’étais pas un homme de parti ; tu te voulais en marge, un franc-tireur, c’est pour cela qu’au côté des Français nous t’aimions.

Tu fus un bon ministre de la santé dans le Gouvernement Jospin : droit des malades, équilibre de l’assurance maladie, et soutien aux hôpitaux de proximité. J’aimais ta manière d’aborder les problèmes et de les régler. Ton intransigeance te faisait avancer.

Mais aujourd’hui, Bernard, tu le sais toi-même, la « rupture » de Nicolas Sarkozy dans laquelle tu as voulu jouer, te laissera sur le carreau, en loques, et seul au monde.

Car la politique étrangère de Sarkozy, c’est l’exact contraire de tes valeurs et de tes choix, puisqu’elle consiste non pas à restaurer la force de la parole de la France, mais au contraire, par narcissisme pulsionnel de son président, à se jeter aux pieds de tout ce que le monde compte de puissants, même condamnables. Sarkozy veut la photo avec tes ennemis historiques et moraux, et toi il ne te reste qu’à tenir la chandelle...

Le French Doctor en voyage officiel a Pékin, sous pilotage sarkozyste, n’a pas même un mot pour son ami le Dalaï Lama... As- tu oublié, Bernard, cette si belle leçon de diplomatie que ce toast assassin du Président Mitterrand au grand dîner d’apparat du Kremlin où il mentionna dans un silence de mort le nom de Sakharov ?

Les félicitations de l’Elysée à Poutine, auteur d’élections frauduleuses et probable commanditaire d’assassinats d’opposants, sont elles justifiées ? Ce ne sont pas des chapeaux -comme tu l’as si bien théorisé toi même- qu’il te faudra avaler, mais à ce rythme les Galeries Lafayette toutes entières.

L’épisode misérable et inquiétant de la visite de Khadafi à Paris a montré ce qu’est devenue cette brillante politique étrangère à laquelle tu prêtes désormais ton nom : la diplomatie française ridiculisée, le président contredit publiquement, la leçon de Khadafi à la France sur les droits de l’homme, les contrats inventés pour la plupart et envolés pour ceux qui restent... Beau succès !

Bien sûr, tu diras que ce ne sont pas tes décisions. Mais c’est là tout le problème, cher Bernard. Tu le sais mieux que d’autres, ce n’est pas toi le véritable Ministre des Affaires étrangères, mais l’omnipotent patron de la cellule diplomatique de l’Elysée, Jean-David Levitte qui fait nommer les ambassadeurs, construit les stratégies, représente le président et négocie dans ton dos. Toi tu es bon pour recevoir les ONG, pendant que les choses sérieuses se décident ailleurs... Tu es bon pour aller à la télévision ou à l’Assemblée nationale porter les lourdes valises de ce que tu désapprouves. Jusqu’à quand ?

Combien d’autres « heureux hasards », comme ce prétexte que tu imaginas pour t’échapper du piège Khadafi à Paris, faudra-t-il que tu inventes pour organiser ta défausse, habiller ta mauvaise conscience, et dissimuler ta gêne désormais publique ?

Jusqu’ou l’humiliation devra-t-elle faire entrer son mauvais parfum dans ta tête pour que tu réagisses enfin ? Je fais partie de ceux qui ne peuvent pas croire que tu es homme à te laisser réduire par la cuisson du pouvoir à ce tout petit rôle de figurant, comme le montrent ces images répétitives de ton effacement.

La seule explication que je vois, c’est que tu as un accord politique avec ton nouveau maître, le Président Sarkozy, pour te faire accepter ce que ton amour propre rend inacceptable.

La glissade atlantiste incontrôlée dans laquelle les sarkozystes emmènent la France a semble-t-il reçu ton soutien. Tu étais le seul homme à gauche à soutenir l’expédition américaine en Irak en 2003, quand Sarkozy était l’un des rares à droite à soutenir les funestes projets de l’Administration Bush. Le récent voyage du Président français aux Etats Unis fut remarquable, en ce que la France n’a pas dit un mot de désapprobation contre l’incroyable manipulation de l’opinion publique mondiale sur la prétendue détention par l’Irak d’armes de destruction massive.

Tes déclarations bellicistes sur l’affaire iranienne s’emboîtent parfaitement avec les desseins de la fraction la plus dure des Républicains américains, au moment même où les agences de renseignement américaines ont rendu un rapport (National Intelligence Estimate) invalidant, au point de les ridiculiser comme celles d’un vassal aveugle et empressé, les déclarations du Président français et de son Ministre des Affaires étrangères que tu es.

Ce ciment atlantiste qui t’unit à Sarkozy serait donc celui qui te maintient à flot dans cette pitoyable comédie, qui commence a Disneyland mais finit dans la tragédie d’une guerre incontrôlable, peut-être mondiale.

Si c’est ce sinistre dessein qui te fait composer ainsi jusqu’avec toi-même, je préfère te dire que tu ne t’en relèveras jamais. Les Français ne te le pardonneront pas. Nous non plus. Le mieux pour toi-même et pour la France serait que tu prépares ta sortie. Commence à réfléchir à ce que tu écrirais dans ta lettre de démission. Tu seras ainsi encore Bernard Kouchner, pour longtemps.

Bien affectueusement a toi.

Arnaud Montebourg

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01 janvier 2008

Vincent Peillon "perplexe" face à la "politique de civilisation" de Sarkozy

PARIS - Le député européen PS Vincent Peillon s'est dit mardi "perplexe" face aux concepts de "politique de civilisation" et de "nouvelle Renaissance" défendus par le chef de l'Etat dans ses voeux aux Français. "De quelle renaissance s'agit-il? Notre croissance est en berne, on est moqués sur le plan européen", a déploré l'ancien porte-parole de Ségolène Royal sur RTL.

"Nicolas Sarkozy tel qu'il fait les choses aujourd'hui marque une rupture par rapport avec une histoire (...) mais je ne vois pas ce qu'il apporte, si ce n'est une touche personnelle que tout le monde commente à longueur de journée et qui est essentiellement de la vulgarité", a ajouté M. Peillon.

Le député européen a estimé que les voeux présidentiels relevaient d'"un discours d'une forme assez classique mais avec le tempérament de Nicolas Sarkozy, c'est-à-dire qu'il voulait tout embrasser en même temps et jeter des bouquets de promesses en cette nouvelle année."

Evoquant notamment la mise en place des franchises médicales, M. Peillon a critiqué "cette façon de faire de la politique": "Pour le coup c'est le pétainisme français, c'est nous prendre pour des imbéciles, c'est-à-dire qu'on ruine la France, on fait des cadeaux aux plus riches, on est l'ami des patrons, on se comporte comme un gougnafier et en plus on veut faire croire (...) qu'il faut à tout prix prélever sur les gens les plus modestes des franchises médicales pour soigner la maladie d'Alzheimer". AP

sm/ljg

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Arnaud Montebourg critique les "voeux d'autojustification" de Nicolas Sarkozy

PARIS - Le député socialiste de Saône-et-Loire Arnaud Montebourg a estimé mardi que Nicolas Sarkozy s'était livré lundi soir à "des voeux d'autojustification, d'ailleurs assez difficiles car les résultats ne sont pas au rendez-vous". "Il a cherché dans son style de campagne électorale permanente à nous vendre sa politique, ce qu'il peine de plus en plus à faire", a ajouté sur France Inter M. Montebourg.

L'ancien porte-parole de Ségolène Royal a dénoncé les "concepts nouveaux" défendus par le Président de la République comme la "politique de civilisation": "ça ne veut absolument rien dire, c'est certainement pour faire causer". Le député socialiste a néanmoins exprimé ses craintes que le Président de la République n'entraîne par son action diplomatique la France dans une "croisade de l'affrontement des civilisations".

Le chef de l'Etat a lancé lundi soir, dans ses voeux aux Français, l'idée d'une "politique de civilisation", appelant également à une "nouvelle Renaissance" de la France. AP

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12 décembre 2007

Quand Kadhafi balance Sarkozy...

PARIS (Reuters) - Mouammar Kadhafi a assuré mardi que la question des droits de l'homme n'avait pas été évoquée lors des discussions qu'il a eues lundi avec Nicolas Sarkozy, contredisant le président français.
"Nous n'avons pas évoqué, moi et le président Sarkozy, ces sujets", a déclaré le dirigeant libyen dans un entretien accordé à France 2.

Nicolas Sarkozy avait déclaré lundi à la presse : "J'ai dit au président Kadhafi combien il fallait continuer à progresser sur le chemin des droits de l'homme, dans tous ses aspects, tout ce qu'il restait à faire."

Selon le numéro un libyen, "nous sommes des amis assez proches. Nous coopérons. Nous avons évoqué les questions de coopération entre les deux pays. Nous avons évoqué tous ces contrats dans tous les domaines et dans l'intérêt des deux pays, la coopération euro-africaine, l'union méditerranéenne, idée proposée par le président Sarkozy, la coopération des deux côtés de la Méditerranée".

Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste, radical et citoyen à l'Assemblée, s'est ému devant les députés de ces déclarations contradictoires.

"Qui dit la vérité ? Nous avons le droit, nous à l'Assemblée nationale, d'exiger la vérité", a-t-il déclaré, se demandant : "Pour monsieur Sarkozy, peut-être que seule compte aujourd'hui la signature de contrats commerciaux et militaires ?"

Dans son interview à France 2, le colonel Kadhafi a rejeté en bloc les critiques le visant ou le régime libyen, précisant ne pas avoir été informé des polémiques déclenchées par sa venue en France.

Il a notamment affirmé "qu'il n'y a pas un seul prisonnier politique en Libye" et "qu'aujourd'hui, la question des droits de l'homme ne se pose pas."

"La Libye est arrivée à bon port en instaurant la démocratie populaire directe, il n'y a pas d'élections en Libye parce que les Libyens n'élisent pas leurs dirigeants, ce sont les Libyens qui se dirigent eux-mêmes", a-t-il dit.

"Pourquoi voulez-vous qu'on me critique ? Moi, je ne dirige rien, je n'ai pas de pouvoir, pas de compétences politiques ou administratives. C'est le peuple qui gère ses affaires, c'est lui qui détermine les lois et qui prend les décisions", a-t-il ajouté.

Interrogé notamment sur l'attentat du DC10 d'UTA en 1989, Mouammar Kadhafi a affirmé que l'Etat libyen n'était pas impliqué en tant que tel.

"Il y a des gens qui ont été accusés ou qui ont été condamnés pour ces affaires. Il ne s'agit pas de l'Etat libyen, il s'agit d'individus. Faut-il rendre coupable un Etat pour tous les crimes commis par ses citoyens ?", a-t-il demandé.

Le numéro un libyen a nié avoir justifié le terrorisme lors du sommet UE-Afrique de Lisbonne.

"Je n'ai jamais dit cela, je n'ai jamais dit que les pays pauvres devaient recourir au terrorisme", a-t-il dit.

Jean-Baptiste Vey et Gérard Bon

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11 décembre 2007

Une tribune dans Libération à lire pour réfléchir

Leçons anglaises à l’usage des socialistes français

En 1985, j’ai écrit un article intitulé «Leçons françaises à l’usage du Labour». Le Labour était alors antieuropéen, antiaméricain et opposé à toute modernisation économique. A l’inverse, la France de Mitterrand, de Mauroy et de Fabius soutenait la création du marché unique et encourageait le développement d’entreprises d’envergure internationale comme Saint-Gobain ou Renault. François Mitterrand se rendait au Bundestag, en Allemagne, pour appuyer le programme américain de missiles défensifs contre l’URSS alors que le reste de la gauche européenne trouvait des excuses au régime soviétique. Aujourd’hui, c’est M. Sarkozy qui chante les louanges du protectionnisme et téléphone à Poutine pour le féliciter des résultats d’élections truquées, pendant que le reste de l’Europe est consterné par le retour de l’autocratie en Russie.

Malgré l’usure de dix années de pouvoir, le Labour demeure une référence pour quiconque aspire à réinventer la gauche en Europe. Mais l’hostilité envers les Anglo-Saxons en général et le mépris pour Tony Blair en particulier sont tels, dans les rangs de la gauche parisienne, qu’il ne se trouve personne pour écrire un article intitulé «Leçons anglaises à l’usage du PS». Les socialistes français en sont encore à croire que leur rôle est d’apprendre au monde à comprendre la France, et non d’apprendre à la France à comprendre le monde. Les critiques françaises du Labour soulignent la proportion importante d’emplois à temps partiel en Grande-Bretagne sans comprendre que, pour un parti de gauche, remettre les gens au travail est le premier impératif. Pour lutter contre le chômage, la gauche française a choisi d’imposer les 35 heures, entretenant l’idée fallacieuse que le travail était une denrée limitée qu’il convenait de redistribuer. Les touristes en visite à Paris sont choqués du nombre de SDF. Le spectacle des banlieues, où des agents de police antiémeute patrouillent arme au poing comme en territoire occupé, n’est pas glorieux. La semaine dernière, dans Libération, on apprenait que 12 % des Français vivent sous le seuil de pauvreté. Welcome dans la France de Sarkozy. La tradition bonapartiste du chef de l’Etat, source unique de l’autorité, perdure. Dans ce système présidentiel, il est plus difficile à la gauche de développer une alternative, elle qui est, par nature, opposée à l’idée de s’en remettre à un dirigeant héroïque.

Le Labour des années 80 était peuplé d’Arnaud Montebourg qui s’insurgeaient contre l’Europe et soutenaient que le peuple, et non le parti, devait être rééduqué. Après le long déclin des années 60 et 70, une alliance pour le changement rassembla les meilleurs éléments de l’appareil d’Etat, les entrepreneurs prêts à tirer parti de la mondialisation et la génération de 1968, aisément séduite par une rhétorique antiétatiste. Mme Thatcher avait un ennemi à vaincre et des alliés qui reconnaissaient que la Grande-Bretagne était sur la voie du déclin et que seuls des changements douloureux pourraient l’en détourner. M. Sarkozy n’a pas d’ennemi clair. S’il veut le changement, il devra s’en prendre à ses soutiens, qui bénéficient de protections dans l’appareil d’Etat, dans de nombreuses professions et dans les entreprises du capitalisme «à la française». Il pourrait imiter Thatcher en vendant EDF. D’un trait de plume, la vente rapporterait assez pour rembourser la dette française, qui atteint aujourd’hui le double de la dette britannique et dont les intérêts annuels absorbent la quasi-totalité du produit de l’impôt sur le revenu. Mais ce n’est pas Sarkozy, tenant du colbertisme, qui le fera. Il veut une révolution économique sans douleur. Aux yeux d’un observateur britannique, il ressemble davantage à Edward Heath, Premier ministre britannique dans les années 70, qu’à Thatcher ou à Blair, qui ont su faire évoluer les mentalités. Il y a là une opportunité pour une gauche intelligente. Le talon d’Achille de Sarkozy est la persistance du chômage.

Ses avances au président américain alors que les Etats-Unis s’apprêtent à tourner la page Bush-Cheney, tout comme sa rhétorique belliqueuse à l’encontre de l’Iran au moment même où la communauté du renseignement américain revoit son évaluation de la menace à la baisse, témoignent d’un curieux décalage avec les enjeux actuels. Sarkozy se montre peu intéressé par l’Europe. Ses attaques contre la Banque centrale européenne, son plaidoyer pour que l’Union européenne se rallie à une idéologie protectionniste et son hostilité islamophobe envers la Turquie ne sont pas si éloignés des positions eurosceptiques et nationalistes du Labour des années 80 ou du Parti conservateur aujourd’hui. Sarkozy pourrait bien ne pas s’inscrire dans la durée, comme de Gaulle ou Mitterrand, mais n’être que l’homme d’un moment. Cela dépendra de la capacité de la gauche, et du Parti socialiste au premier chef, à se montrer à la hauteur du défi plutôt que de se contenter de critiquer Sarkozy sans admettre que la pensée et la pratique de la gauche ces vingt dernières années ne sont pas la solution, mais bien une partie du problème. La France demeure la nation indispensable de l’Europe. La France qui perd confiance dans son économie, sa politique étrangère et sa culture, ne fait qu’entraîner l’Europe dans son doute existentiel sur les conséquences des réformes en cours. En leur temps, Willy Brandt en Allemagne, Felipe González en Espagne et Tony Blair en Grande-Bretagne ont forcé leur gauche à se débarrasser des vaches sacrées représentées par l’opposition à l’économie de marché ou à l’Otan. La gauche française est-elle capable de se réinventer ? Et qui, au sein du Parti socialiste, est capable de dire la vérité ?

Denis Macshane ancien ministre britannique aux Affaires européennes, député travailliste de Rotherham.

Source : http://www.liberation.fr/rebonds/297100.FR.php

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09 décembre 2007

Toutes les options sont ouvertes pour l'avenir du PCF

cartonrougePARIS (Reuters) - Près de 1.200 délégués communistes ont adopté dimanche un "mandat" qui laisse toutes les options ouvertes pour la reconstruction du PCF, du simple dépoussiérage à la création d'une nouvelle force. Ce texte de compromis entre direction et rénovateurs en vue du 34e congrès, fin 2008, a été adopté à une très large majorité à main levée, mais au prix d'âpres débats avec les orthodoxes, qui dénoncent une volonté de "liquider" le PCF. Il a été adopté par 72% des voix, contre 20% et 7% d'abstentions.

La secrétaire nationale, Marie-George Buffet, a estimé que le parti, menacé de disparition après sa débâcle de la présidentielle (1,93%), n'avait d'autre choix que de se "révolutionner" lui-même ou "d'ouvrir un autre chemin."

"Avons-nous les potentiels pour que notre parti devienne pleinement (...) un grand parti moderne et populaire?", a-t-elle demandé lors du discours de clôture de l'assemblée générale extraordinaire, à La Défense, près de Paris.

"Si oui, il faut révolutionner le PCF en allant au bout de la confrontation d'idées (...) Sinon, il faut prendre un autre chemin", a-t-elle ajouté.

L'enjeu des débats était la possibilité laissée ou non aux réformateurs de défendre l'idée d'une force nouvelle jusqu'au congrès, au cours duquel Marie-George Buffet, qui a dit assumer l'échec de la présidentielle, passera la main.

Le député orthodoxe Maxime Gremetz lui reproche soit de "pencher pour une nouvelle force" soit de laisser toute latitude "à ceux qui préparent la liquidation" du parti.

"TENTATIVE POUR FERMER LE DÉBAT"

"On a retardé superficiellement l'échéance de l'éclatement par un texte de compromis", a-t-il dit à Reuters.

Maxime Gremetz a également contesté la légalité du vote à main levée intervenu dimanche. "On n'a pas pris acte du fait qu'à 80% dans les sections, les adhérents se sont prononcés pour le maintien du PCF", a-t-il affirmé.

Les orthodoxes semblaient pourtant avoir marqué des points dans la nuit de samedi à dimanche en obtenant la suppression, en commission, d'un paragraphe stipulant qu'il ne "s'agit d'exclure aucune hypothèse concernant le parti ou sa stratégie."

Dimanche matin, la direction a donc demandé un vote pour pouvoir réintroduire le paragraphe contesté.

"Il y avait une tentative des orthodoxes de fermer le débat. Ce signal aurait été catastrophique", a expliqué Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF.

"Ce qui me tenait à coeur, c'est qu'aucun communiste ne puisse se dire jusqu'au prochain congrès je n'en serai pas", a-t-il ajouté.

Marie-Pierre Vieu, membre de la direction, a estimé que l'équilibre du texte garantissait "l'unité du parti."

Toutefois, la possibilité souhaitée par les rénovateurs de laisser la porte ouverte à des "expérimentations" d'ici à la fin 2008 a été supprimée.

De nombreux délégués ont exprimé leur méfiance au sein d'un parti traumatisé par l'échec des expériences de gauche plurielle ou des collectifs antilibéraux et coincé entre une extrême gauche en forte progression et un Parti socialiste dont plusieurs dirigeants lorgnent vers le centre.

Dans le mandat adopté, "il n'y a rien sur l'après-2008, rien sur les élections municipales, rien sur une participation à des listes qui associeraient le MoDem", le Mouvement démocrate de François Bayrou, a lancé l'un d'eux à la tribune.

"J'espère que tous les communistes vont se rassembler pour faire un grand parti et non pour que chacun de son côté tire les ficelles. Mais le PCF doit rester le noyau dur", a dit pour sa part Michèle Gruner, secrétaire fédérale des Vosges.

La direction parle de participation à des "fronts citoyens et populaires" pour que le parti puisse repartir à l'offensive avant les prochaines échéances électorales.

Mais des militants et élus s'interrogent sur la pertinence d'une volonté de rassemblement dans le paysage actuel de la gauche et estiment que le PCF va perdre un an avant de trancher réellement le débat sur son avenir.

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07 décembre 2007

Trois remèdes pour sauver le Parti Socialiste" par Arnaud Montebourg

6 décembre

Inutile de nous mentir : nos militants nous quittent, quand ce ne sont pas nos élus ou nos dirigeants ; la crédibilité et l’autorité de la direction est effondrée ; sur tous les sujets, des positions contradictoires apparaissent entre une multitude de locuteurs, lorsqu’elles ne changent pas d’une semaine sur l’autre.

Quand on questionne un électeur du Parti socialiste, il répond souvent qu’il va voter socialiste la mort dans l’âme parce qu’il ne peut pas faire autrement, mais ils semblent de moins en moins nombreux à vouloir faire cet effort.

Quand on questionne n’importe quel dirigeant socialiste sur cette multifracturation du corps du Parti socialiste, il répond qu’il veut bien travailler avec d’autres, à condition qu’il n’y ait ni untel ni untel, c’est-à-dire souvent tous les autres... Que faire pour sauver le Parti socialiste et avec lui, offrir au pays une alternative politique sérieuse au sarkozysme ?

Premier remède : nous débarrasser du virus de la présidentielle qui détruit le parti.

Pour éviter que le PS soit pris en otage par les légitimes ambitions des présidentiables, il faut organiser la sélection du candidat socialiste dans des primaires à l’italienne, avec le peuple de gauche, à l’extérieur du parti selon un calendrier et des règles, dont le parti sera le garant.

Dans une telle configuration, nous devrions ainsi faire l’économie de nouvelles batailles rangées pour la conquête du parti entre les futures écuries, dont les positions seront artificiellement opposées pour les besoins de leur combat.

Une telle résolution nous évitera une interminable primaire pendant quatre ans, funeste guerre intérieure, match épuisant que nous avons connu dans le parti entre 2002 et 2007 qui empêcha toute émergence d’orientation nouvelle, et consomma le peu d’énergie rénovatrice qui restait aux militants.

Dans ce cadre épuré, le Parti socialiste pourra remettre en état de marche ses fonctions vitales aujourd’hui sinistrées : fabrication des idées, écoute de la société, rassemblement des forces et des citoyens autour de son projet et... opposition constructive et percutante !

Deuxième remède : restaurer l’autorité de la direction et du futur Premier secrétaire.

Ce dernier, garant de la réussite de la primaire à l’égard de toute la gauche, devra accepter l’incompatibilité déontologique avec le statut de candidat à la primaire, disposant ainsi d’une autorité restaurée et incontestée sur le processus de rassemblement de toute la gauche.

On comprend dans une telle configuration pourquoi le passage au système de représentation majoritaire dans le Parti socialiste au détriment de la proportionnelle qui permet l’expression des différences, serait inutile et dangereux, car il empêcherait à la fois le rassemblement des socialistes et l’élargissement du Parti socialiste à un grand parti de toutes les gauches, agrégeant les forces situées sur sa droite et sur sa gauche. Ceux qui proposent de passer au système majoritaire pour être prétendument en phase avec la Vème République prennent le risque grave de faire éclater le Parti socialiste en le sectarisant dans le champ politique des gauches.

Troisième remède : organiser notre mutation dans le dépassement de nos anciens désaccords.

La stigmatisation réciproque des socialistes par d’autres socialistes est aussi creuse que néfaste. On se qualifie réciproquement d’archaïque ou de social-libéral dans des procès qui n’ont plus de sens, car la société dans son évolution rapide a périmé la pertinence de ce genre d’empoignades.

L’éloignement du Parti socialiste à l’égard des perdants de la mondialisation, qui subissent l’insoutenable pression libérale sur les revenus de leur travail et perdent tout espoir dans l’avenir, est une constante de tous les partis du centre gauche au sein de l’Union européenne.

La montée dans tous les pays européens d’un scepticisme à l’égard de la réussite économique de l’intégration Européenne, l’incapacité des gauches européennes à assumer une révolution intellectuelle sur la nature et la portée des protections que couches populaires et classes moyennes attendent d’elles, l’absence de pensée et de stratégie sur la question identitaire de la Nation, ou sur le difficile problème de l’immigration, dessinent la nécessité d’un nouveau projet. Le directeur de la Fondation Ebert du SPD, Ernst Hillebrand, pose lui-même dans ces termes ce qu’il appelle "l’incontournable réorientation de la gauche européenne" en constatant que "les projets de réformisme technocratique -style "troisième voie" ou "nouveau centre"- ne sont plus capables de mobiliser suffisamment d’électeurs."

Ce nouveau projet sera le déclencheur d’une recomposition importante dans la Gauche française, et en son cœur, le Parti socialiste, rangeant dans les placards du passé les clivages éculés, entre la première et deuxième gauche (Congrès de Metz et Rennes) ou épuisants, entre le oui et le non (Congrès de Dijon et du Mans).

Les échecs électoraux nous obligent, pour gagner, à réviser réciproquement de nombreuses positions pour faire travailler ensemble la gauche et la droite d’une même gauche.

Ainsi en est-il par exemple de la révolution écologique qui se prépare, elle réconciliera les protectionnistes et les croyants internationalistes du libre-échange dans l’exigence d’une puissante régulation environnementale de la mondialisation, qui sera certainement le premier retournement sérieux depuis le début du mouvement de dérégulation initié dans les années 80 par Margaret Thatcher et Ronald Reagan.

Cette nouvelle gauche française d’esprit européen aura à imaginer les nouvelles règles du jeu que les Etats ont renoncé à imposer à l’économie, et que les droites néolibérales européennes, tout à leur dogmatisme, seront incapables de proposer. Elle réconciliera également les conservateurs de l’Etat Providence avec les modernisateurs en dégageant une nouvelle donne économique et financière pour organiser son sauvetage là où les droites en assurent le démantèlement méthodique.

Cette audace intellectuelle et politique est le seul chemin possible vers l’alternance. Il supposera de grands sacrifices pour chacun d’entre nous, car chaque socialiste que nous sommes, sera conduit à aller vers autrui, avec qui il a pris l’habitude de ne plus s’entendre.

Mais j’ai l’intime conviction qu’ils sont la voie du salut commun.

Arnaud MONTEBOURG

Député socialiste de Saône et Loire

Tribune publiée dans Libération du jeudi 6 décembre 2007

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06 décembre 2007

Signez la pétition contre le cumul des mandats

Une réforme nécessaire pour rénover la politique
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