19 décembre 2007
Après l'affaire Gaymard, le directeur de cabinet de Mme Boutin loue un appartement à loyer modéré
PARIS (AFP) - Le directeur de cabinet de la ministre du Logement, Christine Boutin, loue un appartement à loyer modéré appartenant à la RIVP (Régie immobilière de la ville de Paris) depuis 1981, a-t-on indiqué au ministère du Logement confirmant une information du Canard Enchaîné. Interrogé par l'AFP, le ministère a expliqué que Jean-Paul Bolufer louait un logement à la RIVP depuis 1981 et qu'il payait ses loyers depuis cette date au tarif fixé par la Régie.
Le chef de file des députés PS, Jean-Marc Ayrault, a jugé mercredi le cas "profondément choquant".
"Il y a des choses scandaleuses. Je ne sais pas si c'est vrai, mais en tous cas on va demander à Mme Boutin", a déclaré M. Ayrault sur Canal+.
Selon l'hebdomadaire satirique daté de mercredi, M. Bolufer, préfet hors cadre, bénéficie d'un appartement de 190m2 dans le quartier de Port-Royal (Vème arrondissement), avec vue sur la chapelle du Val-de-Grâce, au prix de 6,30 euros le m2. Les prix du secteur, remarque l'hebdomadaire satirique, se situe généralement dans le parc privé entre 20 et 30 euros le m2.
M. Bolufer se serait vu attribuer ce logement en 1981 quand il était directeur adjoint du cabinet de Jacques Chirac, alors maire de Paris.
Selon le Canard, il l'aurait même sous-loué entre 1989 et 1996, alors qu'il avait été nommé à Toulouse puis de 1997 à 2007, alors qu'il bénéficiait d'un logement de fonction à Paris comme directeur des Journaux officiels.
Dans un communiqué transmis en début de soirée à l'AFP, le ministère du Logement "s'étonne du contexte dans lequel ces allégations apparaissent s'agissant d'une situation locative bien connue".
"Le directeur de cabinet tient à faire savoir qu'il est titulaire du bail de son actuel appartement depuis 1981 sans avoir bénéficié à aucun moment d'un privilège personnel (...) Si des erreurs ont été commises, elles ne peuvent être imputées qu'à une mauvaise gestion du bailleur à qui il appartient d'exiger, le cas échéant, de ses locataires toutes les justifications requises", ajoute le communiqué.
"Tout autre commentaire qui revêtirait un caractère diffamatoire relèverait désormais de l'intervention de son avocat", conclut le ministère.
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