08 janvier 2008

Contre Nicolas Sarkozy, le PS s'essaie à la riposte coordonnée

PARIS (Reuters) - Accusés d'être inaudibles depuis la défaite de Ségolène Royal à l'élection présidentielle, les socialistes ont tenté mardi une riposte coordonnée face à la première conférence de presse de Nicolas Sarkozy de l'année. Tous courants confondus, les élus du Parti socialiste ont diffusé une quinzaine de communiqués, certains avant même que le chef de l'Etat ait fini de parler à l'Elysée, puis sont intervenus à chaud et tout aussi nombreux dans les médias.

De François Hollande à Aurélie Filippetti, nouvellement élue à l'Assemblée nationale, en passant par le député européen Benoît Hamon, tous ont décliné le même message: le président de la République a parlé pour rien.

"Quand un responsable public n'a pas de chiffres à présenter, il produit des mots", a ainsi estimé le premier secrétaire du PS, François Hollande, pour qui Nicolas Sarkozy a "évité de répondre aux questions essentielles" sur les salaires, l'emploi ou le pouvoir d'achat.

Le député de Corrèze a une nouvelle fois prédit un "plan de rigueur" aux Français, que la majorité garderait caché jusqu'aux municipales de mars.

"C'est du show", a lancé l'ex-Premier ministre Laurent Fabius sur France 2.

"Qu'on assouplisse les 35 heures, très bien, mais en finir avec les 35 heures, cela veut dire qu'il n'y aura plus de durée légale du travail, donc plus d'heures supplémentaires, donc que les gens vont gagner moins", a-t-il dit.

"Alors, il invente ce thème qu'il sert à toutes les sauces, la politique de civilisation", a-t-il ajouté.

Pour Julien Dray, porte-parole du PS, le chef de l'Etat s'est livré à "un constat d'impuissance" - un "long discours creux" selon les mots de Razzy Hammadi, récemment promu "secrétaire national chargé de la riposte" et auteur de trois communiqués en trois heures.

"Un moulin à paroles" sans aucune mesure concrète, a résumé Arnaud Montebourg sur France Info.

Comme elle en a pris l'habitude depuis cet automne, Ségolène Royal a choisi quant à elle de convoquer la presse dans ses bureaux parisiens pour réagir, acceptant pour une fois de répondre aux questions après une brève déclaration.

Raillant un président devenu le "propre commentateur de son inaction", brandissant le programme de son adversaire dûment surligné, l'ancienne candidate présidentielle l'a sommé de "passer du discours aux actes", notamment sur la revalorisation du minimum vieillesse et des petites retraites.

TOUCHE PAS AUX 35 HEURES

Au risque de friser l'overdose médiatique - et à l'exception des proches de Ségolène Royal - cette réponse avait fait l'objet de plusieurs réunions de coordination. La stratégie avait été brièvement et sans succès expérimentée pendant la campagne présidentielle où une équipe de "voltigeurs" était chargée de relayer les propositions de la candidate.

Lundi, quelques dirigeants se sont retrouvés autour du premier secrétaire pour "donner le la" de la riposte, des "messages" sont ensuite partis vers les attachés parlementaires et les entourages des "éléphants".

A l'heure où les velléités se multiplient pour prendre la tête du PS, l'initiative a le mérite de recentrer le débat sur François Hollande, qui quittera son poste lors du prochain congrès.

"L'idée ce n'était pas de contraindre quiconque mais de lancer la machine. Libre à tout le monde ensuite de se raccrocher. Et on voit que ça marche quand il y a la volonté de quelques uns d'accepter d'être un peu derrière", se félicite un secrétaire national.

Une grande partie des attaques socialistes s'est concentrée sur les propos présidentiels contre les 35 heures, mesure emblématique de la "gauche plurielle". Pour le PS, il s'agit d'une "régression sans précédent depuis un siècle".

"Après avoir défendu la valeur travail, Nicolas Sarkozy s'en prend aux travailleurs et à leurs droits", souligne un communiqué commun.

Alors que des négociations sont en cours avec les syndicats, "c'est faire preuve d'un cynisme absolu que d'afficher la volonté de revenir de manière délibérée et unilatérale sur la durée légale du travail", a dénoncé de son côté le président du groupe PS au Sénat, Jean-Pierre Bel, dans un communiqué.

Pour Ségolène Royal, qui avait pourtant émis des réserves sur les 35 heures pendant la campagne présidentielle, "cela préfigure la fin de la durée légale du travail et met par terre une des principales propositions" de Nicolas Sarkozy, à savoir la défiscalisation des heures supplémentaires.

Si on ne mesure plus le temps de travail, on ne peut plus payer plus les heures sup', "il va falloir qu'il revoit sa copie sur ce sujet-là", a-t-elle déclaré.

Posté par alebac à 23:43 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

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