Actualité de la rénovation à gauche

Un Blog pour les rénovateurs du PS dans les Hauts-de-Seine

11 décembre 2007

Une tribune dans Libération à lire pour réfléchir

Leçons anglaises à l’usage des socialistes français

En 1985, j’ai écrit un article intitulé «Leçons françaises à l’usage du Labour». Le Labour était alors antieuropéen, antiaméricain et opposé à toute modernisation économique. A l’inverse, la France de Mitterrand, de Mauroy et de Fabius soutenait la création du marché unique et encourageait le développement d’entreprises d’envergure internationale comme Saint-Gobain ou Renault. François Mitterrand se rendait au Bundestag, en Allemagne, pour appuyer le programme américain de missiles défensifs contre l’URSS alors que le reste de la gauche européenne trouvait des excuses au régime soviétique. Aujourd’hui, c’est M. Sarkozy qui chante les louanges du protectionnisme et téléphone à Poutine pour le féliciter des résultats d’élections truquées, pendant que le reste de l’Europe est consterné par le retour de l’autocratie en Russie.

Malgré l’usure de dix années de pouvoir, le Labour demeure une référence pour quiconque aspire à réinventer la gauche en Europe. Mais l’hostilité envers les Anglo-Saxons en général et le mépris pour Tony Blair en particulier sont tels, dans les rangs de la gauche parisienne, qu’il ne se trouve personne pour écrire un article intitulé «Leçons anglaises à l’usage du PS». Les socialistes français en sont encore à croire que leur rôle est d’apprendre au monde à comprendre la France, et non d’apprendre à la France à comprendre le monde. Les critiques françaises du Labour soulignent la proportion importante d’emplois à temps partiel en Grande-Bretagne sans comprendre que, pour un parti de gauche, remettre les gens au travail est le premier impératif. Pour lutter contre le chômage, la gauche française a choisi d’imposer les 35 heures, entretenant l’idée fallacieuse que le travail était une denrée limitée qu’il convenait de redistribuer. Les touristes en visite à Paris sont choqués du nombre de SDF. Le spectacle des banlieues, où des agents de police antiémeute patrouillent arme au poing comme en territoire occupé, n’est pas glorieux. La semaine dernière, dans Libération, on apprenait que 12 % des Français vivent sous le seuil de pauvreté. Welcome dans la France de Sarkozy. La tradition bonapartiste du chef de l’Etat, source unique de l’autorité, perdure. Dans ce système présidentiel, il est plus difficile à la gauche de développer une alternative, elle qui est, par nature, opposée à l’idée de s’en remettre à un dirigeant héroïque.

Le Labour des années 80 était peuplé d’Arnaud Montebourg qui s’insurgeaient contre l’Europe et soutenaient que le peuple, et non le parti, devait être rééduqué. Après le long déclin des années 60 et 70, une alliance pour le changement rassembla les meilleurs éléments de l’appareil d’Etat, les entrepreneurs prêts à tirer parti de la mondialisation et la génération de 1968, aisément séduite par une rhétorique antiétatiste. Mme Thatcher avait un ennemi à vaincre et des alliés qui reconnaissaient que la Grande-Bretagne était sur la voie du déclin et que seuls des changements douloureux pourraient l’en détourner. M. Sarkozy n’a pas d’ennemi clair. S’il veut le changement, il devra s’en prendre à ses soutiens, qui bénéficient de protections dans l’appareil d’Etat, dans de nombreuses professions et dans les entreprises du capitalisme «à la française». Il pourrait imiter Thatcher en vendant EDF. D’un trait de plume, la vente rapporterait assez pour rembourser la dette française, qui atteint aujourd’hui le double de la dette britannique et dont les intérêts annuels absorbent la quasi-totalité du produit de l’impôt sur le revenu. Mais ce n’est pas Sarkozy, tenant du colbertisme, qui le fera. Il veut une révolution économique sans douleur. Aux yeux d’un observateur britannique, il ressemble davantage à Edward Heath, Premier ministre britannique dans les années 70, qu’à Thatcher ou à Blair, qui ont su faire évoluer les mentalités. Il y a là une opportunité pour une gauche intelligente. Le talon d’Achille de Sarkozy est la persistance du chômage.

Ses avances au président américain alors que les Etats-Unis s’apprêtent à tourner la page Bush-Cheney, tout comme sa rhétorique belliqueuse à l’encontre de l’Iran au moment même où la communauté du renseignement américain revoit son évaluation de la menace à la baisse, témoignent d’un curieux décalage avec les enjeux actuels. Sarkozy se montre peu intéressé par l’Europe. Ses attaques contre la Banque centrale européenne, son plaidoyer pour que l’Union européenne se rallie à une idéologie protectionniste et son hostilité islamophobe envers la Turquie ne sont pas si éloignés des positions eurosceptiques et nationalistes du Labour des années 80 ou du Parti conservateur aujourd’hui. Sarkozy pourrait bien ne pas s’inscrire dans la durée, comme de Gaulle ou Mitterrand, mais n’être que l’homme d’un moment. Cela dépendra de la capacité de la gauche, et du Parti socialiste au premier chef, à se montrer à la hauteur du défi plutôt que de se contenter de critiquer Sarkozy sans admettre que la pensée et la pratique de la gauche ces vingt dernières années ne sont pas la solution, mais bien une partie du problème. La France demeure la nation indispensable de l’Europe. La France qui perd confiance dans son économie, sa politique étrangère et sa culture, ne fait qu’entraîner l’Europe dans son doute existentiel sur les conséquences des réformes en cours. En leur temps, Willy Brandt en Allemagne, Felipe González en Espagne et Tony Blair en Grande-Bretagne ont forcé leur gauche à se débarrasser des vaches sacrées représentées par l’opposition à l’économie de marché ou à l’Otan. La gauche française est-elle capable de se réinventer ? Et qui, au sein du Parti socialiste, est capable de dire la vérité ?

Denis Macshane ancien ministre britannique aux Affaires européennes, député travailliste de Rotherham.

Source : http://www.liberation.fr/rebonds/297100.FR.php

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Courageuse mais pas trop, Rama Yade ne démissionnera pas...

khadafi___sarkozyPARIS (AFP) - Rama Yade ne démissionnera pas: après avoir mis à mal la cohésion gouvernementale par ses critiques tonitruantes contre la venue de Mouammar Kadhafi à Paris, la jeune ministre, que certains invitaient à claquer la porte, a expliqué lundi qu'"on ne déserte pas". M. Sarkozy lui a publiquement réaffirmé lundi sa "confiance" et son "amitié". Jugeant "parfaitement normal" qu'elle exprime sa conviction sur les droits de l'Homme, il est allé jusqu'à dire qu'il la partageait.

Ce qui a fait dire au Verts Noël Mamère: "Il y a l'apparence d'une fausse note dans l'orchestre, mais le chef d'orchestre reste Nicolas Sarkozy".

"On ne déserte pas en rase campagne, surtout quand on est engagé au côté d'un homme qui vous a promue à 30 ans secrétaire d'Etat d'un gouvernement", a affirmé sur Europe 1 la secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme, "quand on est auprès d'un homme qui est devenu président, après l'avoir soutenu en tant que candidat pendant des mois, si ce n'est des années".

"Ce que je voudrais c'est que ma position ne soit ni résumée, ni caricaturée", a insisté Mme Yade dont les propos virulents avaient semé le trouble.

"Notre pays n'est pas un paillasson sur lequel un dirigeant, terroriste ou non, peut venir s'essuyer les pieds du sang de ses forfaits", avait-elle lancé dans un entretien lundi au Parisien, jugeant même que la France "ne doit pas recevoir ce baiser de la mort".

"Je me retrouve avec la journée internationale des droits de l'Homme sur les bras et Kadhafi sur le tarmac d'Orly. Donc pour moi c'est un problème", avait-elle insisté quelques heures avant l'arrivée du numéro un libyen pour une visite officielle - déjà très critiquée - à l'invitation de Nicolas Sarkozy.

La benjamine du gouvernement - elle aura 31 ans jeudi - a été reçue dans la matinée à l'Elysée pendant près d'une demi-heure. Pour des remontrances, un avertissement ? A sa sortie, silence de la présidence et de l'intéressée.

En déplacement à Buenos-Aires, François Fillon s'en est pris aux "donneurs de leçon" qui s'insurgent contre la visite de Mouammar Kadhafi.

Ses propos sonnaient comme une réplique aux accusations de la gauche mais aussi comme un rappel à l'ordre de Mme Yade. Un peu plus tard devant des journalistes, le Premier ministre a cependant affirmé qu'il n'était alors pas au courant des déclarations de sa secrétaire d'Etat, auxquelles il a réagi seulement par...un sourire.

Bernard Kouchner, chef de la diplomatie et ministre de tutelle de Rama Yade, a voulu réfuter toute crise au sein du gouvernement: "elle est en charge des droits de l'Homme, elle le fait".

Au PS, Pierre Moscovici s'est indigné de la "cacophonie" gouvernementale. "Soit elle pense ce qu'elle dit" et "elle s'en va", soit "elle se tait", a lancé le député, en écho à la célèbre formule de Jean-Pierre Chevènement, "un ministre, ça ferme sa gueule ou ça démissionne".

Sur la même ligne, le patron du MoDem François Bayrou a suggéré à Rama Yade et Bernard Kouchner - qui a confié avoir dû "avaler son chapeau" avec cette visite - de "mettre leurs actes en accord avec leurs paroles".

Embarras à droite: Axel Poniatowski (UMP), président de la commission des Affaires étrangères à l'Assemblée, s'est borné à rappeler Mme Yade à son "devoir de réserve". Mais un de ses collègues UMP, Patrick Ollier - à la tête du groupe parlementaire France-Libye - a jugé "inacceptable" la sortie de la ministre.

Femme, jeune, noire, au caractère réputé bien trempé, Rama Yade, qui est l'un des visages de la "diversité" voulue par le chef de l'Etat au gouvernement, n'en est pas à son premier coup d'éclat.

En septembre, elle avait créé la polémique en rendant visite à des squatteurs d'Aubervilliers, s'attirant un ferme recadrage de François Fillon. Elle avait répondu en se référant déjà au seul président: "tant que je bénéficierai de sa confiance, tout ira bien".

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09 décembre 2007

Toutes les options sont ouvertes pour l'avenir du PCF

cartonrougePARIS (Reuters) - Près de 1.200 délégués communistes ont adopté dimanche un "mandat" qui laisse toutes les options ouvertes pour la reconstruction du PCF, du simple dépoussiérage à la création d'une nouvelle force. Ce texte de compromis entre direction et rénovateurs en vue du 34e congrès, fin 2008, a été adopté à une très large majorité à main levée, mais au prix d'âpres débats avec les orthodoxes, qui dénoncent une volonté de "liquider" le PCF. Il a été adopté par 72% des voix, contre 20% et 7% d'abstentions.

La secrétaire nationale, Marie-George Buffet, a estimé que le parti, menacé de disparition après sa débâcle de la présidentielle (1,93%), n'avait d'autre choix que de se "révolutionner" lui-même ou "d'ouvrir un autre chemin."

"Avons-nous les potentiels pour que notre parti devienne pleinement (...) un grand parti moderne et populaire?", a-t-elle demandé lors du discours de clôture de l'assemblée générale extraordinaire, à La Défense, près de Paris.

"Si oui, il faut révolutionner le PCF en allant au bout de la confrontation d'idées (...) Sinon, il faut prendre un autre chemin", a-t-elle ajouté.

L'enjeu des débats était la possibilité laissée ou non aux réformateurs de défendre l'idée d'une force nouvelle jusqu'au congrès, au cours duquel Marie-George Buffet, qui a dit assumer l'échec de la présidentielle, passera la main.

Le député orthodoxe Maxime Gremetz lui reproche soit de "pencher pour une nouvelle force" soit de laisser toute latitude "à ceux qui préparent la liquidation" du parti.

"TENTATIVE POUR FERMER LE DÉBAT"

"On a retardé superficiellement l'échéance de l'éclatement par un texte de compromis", a-t-il dit à Reuters.

Maxime Gremetz a également contesté la légalité du vote à main levée intervenu dimanche. "On n'a pas pris acte du fait qu'à 80% dans les sections, les adhérents se sont prononcés pour le maintien du PCF", a-t-il affirmé.

Les orthodoxes semblaient pourtant avoir marqué des points dans la nuit de samedi à dimanche en obtenant la suppression, en commission, d'un paragraphe stipulant qu'il ne "s'agit d'exclure aucune hypothèse concernant le parti ou sa stratégie."

Dimanche matin, la direction a donc demandé un vote pour pouvoir réintroduire le paragraphe contesté.

"Il y avait une tentative des orthodoxes de fermer le débat. Ce signal aurait été catastrophique", a expliqué Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF.

"Ce qui me tenait à coeur, c'est qu'aucun communiste ne puisse se dire jusqu'au prochain congrès je n'en serai pas", a-t-il ajouté.

Marie-Pierre Vieu, membre de la direction, a estimé que l'équilibre du texte garantissait "l'unité du parti."

Toutefois, la possibilité souhaitée par les rénovateurs de laisser la porte ouverte à des "expérimentations" d'ici à la fin 2008 a été supprimée.

De nombreux délégués ont exprimé leur méfiance au sein d'un parti traumatisé par l'échec des expériences de gauche plurielle ou des collectifs antilibéraux et coincé entre une extrême gauche en forte progression et un Parti socialiste dont plusieurs dirigeants lorgnent vers le centre.

Dans le mandat adopté, "il n'y a rien sur l'après-2008, rien sur les élections municipales, rien sur une participation à des listes qui associeraient le MoDem", le Mouvement démocrate de François Bayrou, a lancé l'un d'eux à la tribune.

"J'espère que tous les communistes vont se rassembler pour faire un grand parti et non pour que chacun de son côté tire les ficelles. Mais le PCF doit rester le noyau dur", a dit pour sa part Michèle Gruner, secrétaire fédérale des Vosges.

La direction parle de participation à des "fronts citoyens et populaires" pour que le parti puisse repartir à l'offensive avant les prochaines échéances électorales.

Mais des militants et élus s'interrogent sur la pertinence d'une volonté de rassemblement dans le paysage actuel de la gauche et estiment que le PCF va perdre un an avant de trancher réellement le débat sur son avenir.

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07 décembre 2007

Trois remèdes pour sauver le Parti Socialiste" par Arnaud Montebourg

6 décembre

Inutile de nous mentir : nos militants nous quittent, quand ce ne sont pas nos élus ou nos dirigeants ; la crédibilité et l’autorité de la direction est effondrée ; sur tous les sujets, des positions contradictoires apparaissent entre une multitude de locuteurs, lorsqu’elles ne changent pas d’une semaine sur l’autre.

Quand on questionne un électeur du Parti socialiste, il répond souvent qu’il va voter socialiste la mort dans l’âme parce qu’il ne peut pas faire autrement, mais ils semblent de moins en moins nombreux à vouloir faire cet effort.

Quand on questionne n’importe quel dirigeant socialiste sur cette multifracturation du corps du Parti socialiste, il répond qu’il veut bien travailler avec d’autres, à condition qu’il n’y ait ni untel ni untel, c’est-à-dire souvent tous les autres... Que faire pour sauver le Parti socialiste et avec lui, offrir au pays une alternative politique sérieuse au sarkozysme ?

Premier remède : nous débarrasser du virus de la présidentielle qui détruit le parti.

Pour éviter que le PS soit pris en otage par les légitimes ambitions des présidentiables, il faut organiser la sélection du candidat socialiste dans des primaires à l’italienne, avec le peuple de gauche, à l’extérieur du parti selon un calendrier et des règles, dont le parti sera le garant.

Dans une telle configuration, nous devrions ainsi faire l’économie de nouvelles batailles rangées pour la conquête du parti entre les futures écuries, dont les positions seront artificiellement opposées pour les besoins de leur combat.

Une telle résolution nous évitera une interminable primaire pendant quatre ans, funeste guerre intérieure, match épuisant que nous avons connu dans le parti entre 2002 et 2007 qui empêcha toute émergence d’orientation nouvelle, et consomma le peu d’énergie rénovatrice qui restait aux militants.

Dans ce cadre épuré, le Parti socialiste pourra remettre en état de marche ses fonctions vitales aujourd’hui sinistrées : fabrication des idées, écoute de la société, rassemblement des forces et des citoyens autour de son projet et... opposition constructive et percutante !

Deuxième remède : restaurer l’autorité de la direction et du futur Premier secrétaire.

Ce dernier, garant de la réussite de la primaire à l’égard de toute la gauche, devra accepter l’incompatibilité déontologique avec le statut de candidat à la primaire, disposant ainsi d’une autorité restaurée et incontestée sur le processus de rassemblement de toute la gauche.

On comprend dans une telle configuration pourquoi le passage au système de représentation majoritaire dans le Parti socialiste au détriment de la proportionnelle qui permet l’expression des différences, serait inutile et dangereux, car il empêcherait à la fois le rassemblement des socialistes et l’élargissement du Parti socialiste à un grand parti de toutes les gauches, agrégeant les forces situées sur sa droite et sur sa gauche. Ceux qui proposent de passer au système majoritaire pour être prétendument en phase avec la Vème République prennent le risque grave de faire éclater le Parti socialiste en le sectarisant dans le champ politique des gauches.

Troisième remède : organiser notre mutation dans le dépassement de nos anciens désaccords.

La stigmatisation réciproque des socialistes par d’autres socialistes est aussi creuse que néfaste. On se qualifie réciproquement d’archaïque ou de social-libéral dans des procès qui n’ont plus de sens, car la société dans son évolution rapide a périmé la pertinence de ce genre d’empoignades.

L’éloignement du Parti socialiste à l’égard des perdants de la mondialisation, qui subissent l’insoutenable pression libérale sur les revenus de leur travail et perdent tout espoir dans l’avenir, est une constante de tous les partis du centre gauche au sein de l’Union européenne.

La montée dans tous les pays européens d’un scepticisme à l’égard de la réussite économique de l’intégration Européenne, l’incapacité des gauches européennes à assumer une révolution intellectuelle sur la nature et la portée des protections que couches populaires et classes moyennes attendent d’elles, l’absence de pensée et de stratégie sur la question identitaire de la Nation, ou sur le difficile problème de l’immigration, dessinent la nécessité d’un nouveau projet. Le directeur de la Fondation Ebert du SPD, Ernst Hillebrand, pose lui-même dans ces termes ce qu’il appelle "l’incontournable réorientation de la gauche européenne" en constatant que "les projets de réformisme technocratique -style "troisième voie" ou "nouveau centre"- ne sont plus capables de mobiliser suffisamment d’électeurs."

Ce nouveau projet sera le déclencheur d’une recomposition importante dans la Gauche française, et en son cœur, le Parti socialiste, rangeant dans les placards du passé les clivages éculés, entre la première et deuxième gauche (Congrès de Metz et Rennes) ou épuisants, entre le oui et le non (Congrès de Dijon et du Mans).

Les échecs électoraux nous obligent, pour gagner, à réviser réciproquement de nombreuses positions pour faire travailler ensemble la gauche et la droite d’une même gauche.

Ainsi en est-il par exemple de la révolution écologique qui se prépare, elle réconciliera les protectionnistes et les croyants internationalistes du libre-échange dans l’exigence d’une puissante régulation environnementale de la mondialisation, qui sera certainement le premier retournement sérieux depuis le début du mouvement de dérégulation initié dans les années 80 par Margaret Thatcher et Ronald Reagan.

Cette nouvelle gauche française d’esprit européen aura à imaginer les nouvelles règles du jeu que les Etats ont renoncé à imposer à l’économie, et que les droites néolibérales européennes, tout à leur dogmatisme, seront incapables de proposer. Elle réconciliera également les conservateurs de l’Etat Providence avec les modernisateurs en dégageant une nouvelle donne économique et financière pour organiser son sauvetage là où les droites en assurent le démantèlement méthodique.

Cette audace intellectuelle et politique est le seul chemin possible vers l’alternance. Il supposera de grands sacrifices pour chacun d’entre nous, car chaque socialiste que nous sommes, sera conduit à aller vers autrui, avec qui il a pris l’habitude de ne plus s’entendre.

Mais j’ai l’intime conviction qu’ils sont la voie du salut commun.

Arnaud MONTEBOURG

Député socialiste de Saône et Loire

Tribune publiée dans Libération du jeudi 6 décembre 2007

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06 décembre 2007

Signez la pétition contre le cumul des mandats

Une réforme nécessaire pour rénover la politique
Recommandé par des Influenceurs

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04 décembre 2007

Arnaud Montebourg, entretien avec le journal de Saone et loire

Photo_030Cantonales en Saône et Loire, Muncipales, reconstruction du PS, réforme de la carte judiciaire, Arnaud Montebourg répond ce lundi 3 décembre aux questions du Journal de la Saône et Loire.

Journal de Saône-et-Loire : Serez-vous candidat aux cantonales, et, éventuellement, à la présidence du Conseil général ? : « Ma décision n’est pas prise, car je suis dans une hésitation philosophique profonde, comme il en arrive peu dans un parcours public. Il y a d’abord le choix que j’ai fait il y a dix ans de m’en tenir au mandat unique. C’est un principe auquel je tiens, qui fait corps avec le projet de 6ème République que j’ai défendu inlassablement durant ces dix longues années. Cette pratique s’appuyait sur une stratégie de l’exemplarité, avec pour but de convaincre le système politique et la classe politique d’évoluer vers d’autres méthodes de prise de décision dans notre pays.

Arnaud Montebourg

Aujourd’hui, nous savons que la 6ème République n’est pas pour demain et le mandat unique encore moins. Même la commission Balladur ne le propose pas et l’UMP s’apprête à enterrer toute réforme sur le cumul des mandats. Mon adversaire durant la campagne des législatives est d’ailleurs allé jusqu’à me reprocher mon absence de cumul comme un signe prétendu de désintérêt pour la Bresse !

Le deuxième problème en balance, c’est l’intensification des attaques de la droite contre les territoires ruraux avec la fermeture de nos tribunaux, la suppression des gardes médicales de nuit, la reprise du mouvement de fermeture des bureaux de poste, la fin annoncée des sous-préfectures. Ce que la Droite appelle la rupture, c’est la diminution brutale de la protection et des services publics sur nos territoires.

Nicolas Sarkozy a parfaitement résumé la situation lorsqu’il a dit à un président de région socialiste : "je diminue les impôts au plan national pour vous obliger à augmenter les vôtres au plan local !". Il y a là une stratégie à l’oeuvre de coulage financier de nos collectivités locales. Les élus et sympathisants qui me demandent d’entrer dans la bataille électorale plaident pour que nous rassemblions nos forces, que nous augmentions notre puissance de feu pour défendre notre territoire, et que nous luttions à armes égales face à la politique de l’UMP pour faire la démonstration que nos choix peuvent dessiner concrètement une autre France à la fois sociale et moderne, créative et efficace. Vous comprenez donc que mon idéalisme me pousse à tenir bon sur mes principes, mais que mon réalisme m’engage aussi à affronter les graves problèmes qui nous attendent.

Dans l’action publique, on peut périr d’être un romantique impénitent ! Par ailleurs, on ne cesse de me rappeler l’obligation qui m’est faite de dépasser le magistère du verbe et de concrétiser les idées rénovatrices que je porte depuis longtemps, y compris certaines, parfois critiques, sur les Conseils généraux... »

Vous penchez donc clairement du côté de la candidature... : « non, parce qu’il y a un agenda chargé sur le plan national, tant sur la rénovation de la gauche dont je suis l’un des porteurs, dans lequel un immense chantier de reconstruction nous attend, avec au milieu des batailles parlementaires difficiles, dont la réforme des institutions que proposera le président de la République... »

A. M

Sur quels éléments fonderez-vous votre choix ? : « Les dangers d’explosion sociale et la montée des périls attisés par les stratégies de tension mises en oeuvre par Nicolas Sarkozy, nous obligent à combattre la Droite avec les mêmes instruments que ceux qu’elle utilise, y compris en acceptant de concentrer nos pouvoirs locaux et nationaux, mais ils me font également un devoir d’être aussi très présent sur le front parlementaire... »

A. M

Si Christophe Sirugue est élu à Chalon, et si vous n’êtes pas candidat, qui présidera le Département ? : « la question de la présidence du Conseil général ne se posera que lorsque nous aurons la certitude d’une victoire à Chalon. Il vaut mieux ne jamais préjuger des résultats des élections... »

A. M

Quand ferez-vous connaître votre décision ? : « Je lance dans vos colonnes un appel aux citoyens de ma circonscription pour qu’ils me disent ce qu’ils feraient à ma place sur mon site internet arnaudmontebourg.fr. Au vu de ce débat public, je pense pouvoir être en mesure d’annoncer ma décision positive ou négative aux alentours de Noël... »

A. M

Les discussions, notamment dans le Chalonnais, ont été âpres entre vous et Christophe Sirugue pour désigner les candidats socialistes... : « il y a entre Christophe Sirugue et moi un accord en cas de décision positive de ma part, pour mener campagne ensemble, l’un portant le bilan, l’autre portant les projets. Dans ce cadre là, les désaccords qui pouvaient exister dans le département ont été harmonieusement réglés. Je me rendrai d’ailleurs, sur la suggestion de Christophe Sirugue, à Mâcon le 14 décembre, pour rencontrer les conseillers généraux de la majorité... »

A. M

Quelles villes espérez-vous gagner, et lesquelles craignez-vous de perdre lors des municipales ? : « je n’aime pas faire des pronostics, mais il me semble que Chalon et Mâcon, en raison des résultats politiques des élections présidentielle et législatives, peuvent basculer. Nous avons des équipes unies, solides et créatives autour de Christophe Sirugue et de Pierre Martinerie. »

A. M

Comment reconstruire un Parti Socialiste crédible pour l’alternance ? : « deux révolutions sont nécessaires : il doit à la fois se rassembler, s’unir, solder ses vieilles querelles, et muter, se transformer, ce qui suppose un changement inéluctable de l’équipe dirigeante... »

A. M

Serez-vous candidat au poste de premier secrétaire ? : « je ne suis, en l’état, candidat à rien. En revanche, les rénovateurs que je conduis s’efforcent partout de pousser vers la naissance d’un nouveau Parti Socialiste. Je m’investirai là où l’on considérera que je serai le plus utile... »

A. M

Vous avez accusé Rachida Dati d’être « aussi stupide que sa réforme » et demandé sa démission. Vous maintenez ? : « toutes les provinces françaises sont entrées en révolution contre sa réforme, non parce qu’elles défendraient des intérêts qui ne le méritent pas, mais parce que la Droite fait payer la facture du sarkozysme aux territoires ruraux et aux petites villes. Elle le fait de façon brutale, sans aucune considération du terrain, aucune connaissance des territoires, aucune humanité à l’égard de ceux dont elle coupe la tête. Les grèves de la faim, les manifestations se multiplient et je comprends que Mme Dati préfère aller se faire élire confortablement dans les quartiers chics de Paris où elle ne craindra pas la colère du peuple. Elle n’a qu’une chose utile à faire dans l’intérêt général, c’est de présenter sa démission. La bataille contre la réforme de la carte judiciaire ne fait que commencer. Nous allons multiplier les recours, il y aura une bataille juridique et nous enregistrerons des victoires. »

A. M

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Les listes PS/PC du maire socialiste de Paris Bertrand Delanoë obtiendraient 44% des voix au 1er des élections municipales

PARIS, 3 déc 2007 (AFP) - Les listes PS/PC du maire socialiste de Paris Bertrand Delanoë obtiendraient 44% des voix au premier tour des élections municipales, devançant de sept points les listes UMP de Françoise de Panafieu, créditées de 37%, selon un sondage CSA à paraître jeudi dans le Nouvel Observateur Paris Ile de France et qui sera diffusé par Paris Cap'. Les listes Modem conduites par Marielle de Sarnez sont créditées de 7%, celles des Verts de Denis Baupin de 5%, celles de la LCR de 4% et celles du Front national de 3%, selon cette enquête réalisée du 26 au 28 novembre auprès de 808 parisiens inscrits sur les listes électorales.

Abstention, blancs et nuls représenteraient 25%.

Au second tour, le 16 mars, 49% des Parisiens préféreraient que M. Delanoë, candidat pour un nouveau mandat, s'allie avec Les Verts et 38% qu'il s'allie avec le MoDem. 13% ne se prononcent pas.

77% des Parisiens contre 23% ont une bonne opinion de M. Delanoë, 58% contre 29% une bonne opinion de Jean-Marie Cavada, tête de liste UMP dans le XIIème arrondissement, 43% contre 18% une bonne opinion d'Anne Hidalgo, première adjointe du maire de Paris, 25% contre 13% une bonne opinion de Mme de Sarnez, 26% contre 18% une bonne opinion de M. Baupin.

51% contre 46% ont une bonne opinion de Rachida Dati, ministre de la Justice, tête de liste UMP dans le 7ème arrondissement et 44% contre 43% une bonne opinion de Mme de Panafieu.

Sondage réalisé par téléphone du 26 au 28 novembre 2007 auprès d'un échantillon de 808 parisiens, inscrits sur les listes électorales, constitué d'après la méthode des quotas (sexe, âge

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27 novembre 2007

"Aucune leçon n'a été tirée" des émeutes de 2005, selon Arnaud Montebourg (PS)

3355338002_affaire_eads_arnaud_lagardere_entretient_le_doute_sur_le_rolePARIS (AFP) - Le député socialiste Arnaud Montebourg a estimé mardi qu'"aucune leçon n'a été tirée" des émeutes de 2005, en évoquant la flambée de violences dans le Val-d'Oise après la mort dimanche de deux adolescents à Villiers-le-Bel. Entre la police et la population, "ce sont des accusations réciproques qui mènent maintenant non plus seulement à des attaques aux biens mais à des attaques sur les personnes", a souligné M. Montebourg sur Canal+.

"Soixante policiers en une nuit, dont cinq dans un état grave, attaqués semble-t-il avec des armes, cela veut dire finalement qu'aucune leçon n'a été tirée de 2005", a-t-il ajouté.

Selon le député de Saône-et-Loire, dans l'enquête sur les circonstances de l'accident mortel qui a coûté la vie à deux adolescents, il faut "prendre son temps, recouper et ne pas se précipiter", car dans ces quartiers on se trouve face à "une population qui n'a plus confiance dans les institutions".

Arnaud Montebourg a mis en cause "une restriction, un désengagement des services publics, de l'Etat" dans les banlieues. Il a plaidé pour un rétablissement de la "police de proximité" pour restaurer "la confiance", faisant valoir, à titre d'exemple, qu'"il n'y a pas de commissariat à Villiers-le-Bel".

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PS: "un problème de crédibilité de la direction actuelle"

PARIS - Le député socialiste de Saône-et-Loire Arnaud Montebourg a épinglé mardi "un problème de crédibilité de la direction actuelle" du PS sans citer François Hollande, à la tête du parti depuis dix ans. "Il y a un problème de crédibilité du système de direction actuel, il ne fonctionne plus, il n'a plus de crédibilité, il ne convainc personne", a lancé Arnaud Montebourg sur Canal+. Mais il a souhaité rester "pudique sur le bilan de quelqu'un qui a décidé de quitter le PS".

Interrogé sur le maintien de François Hollande comme No1 du PS pendant encore un an, le député socialiste a jugé qu'"il faut la poser la question à ceux qui ont fait le choix, je n'ai pas approuvée cette solution, d'un calendrier élastique jusqu'à l'année prochaine".

"Nous préférions avec un certain nombre d'amis nous occuper de l'évolution rapide du PS après la défaite avant les élections municipales", a-t-il rappelé. "Maintenant il faut laisser passer les élections et ensuite très vite se mettre au travail".

Quant au bilan du Premier secrétaire du PS, Arnaud Montebourg a estimé qu'"il donne lui-même la réponse: il ne se représente pas, il a décidé de passer la main".

"Je ne personnaliserais pas le problème, il est collectif et structurel", a ajouté le député de Saône-et-Loire. "Le PS doit reconstruire une relation de confiance avec les Français, il va falloir d'abord se rassembler et ensuite muter (...) deux exigences très difficiles".

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Hollande se "sent responsable" des défaites de 2002 et de 2007

1244395640_hollande_votera_oui_au_traite_de_lisbonnePARIS (AFP) - François Hollande, dont le mandat à la tête du parti socialiste a débuté il y a dix ans, a estimé lundi qu'il se "sentait responsable" des défaites de son parti aux élections présidentielles de 2002 et 2007. "Je ne fais pas partie de ceux qui dans la vie politique battent la coulpe des autres avant la leur. Je me sens responsable avec Lionel Jospin de ce que nous n'avons pas pu réussir en 2002", a déclaré le premier secrétaire du PS sur France Info.

Ensuite, a poursuivi M. Hollande, "j'ai redressé la gauche, le parti socialiste de 2002 à 2007. On a remporté de belles victoires -régionale, européenne, cantonales- et on n'a pas réussi en 2007 et je m'en sens aussi responsable".

Concernant cet anniversaire, M. Hollande se garde de vouloir le "fêter". "Il y a simplement à constater le travail qui a été fait", dit-il.

"Le bilan que je tire, c'est d'avoir été capable pendant les cinq ans où j'ai été Premier secrétaire avec Lionel Jospin Premier ministre de faire avancer la France, d'avoir donné à la France des réformes importantes qui demeurent aujourd'hui", a-t-il dit, citant la CMU et l'allocation personnalisée à l'autonomie.

Dans une pique à ceux qui "commentent encore avec des livres" la dernière campagne présidentielle, M. Hollande affirme lui vouloir être "utile au pays".

"Qu'est-ce que je fais? J'essaie de dire +on va régler des comptes, on va ouvrir de vaines querelles, on va commenter encore avec des livres la campagne qui vient d'avoir lieu+, ou on est utile au pays", a-t-il expliqué.

"Je prépare la rénovation avec les forums et puis des élections municipales et cantonales qui seront le grand rendez-vous des Français et notamment sur la question du pouvoir d'achat", a conclu M. Hollande.

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